Chroniques du changement - épisode 1

Comment passer d’une vie à une autre, pourquoi et pour quoi le faire ? Nous sommes un samedi, je suis dans mon lit et devant moi la nature se réveille lentement, moi aussi. Hier, dans mon appartement parisien, je distinguais les immeubles d’en face, les bruits de la rue et quelques pigeons roucoulaient en faisant crisser leurs pattes sur le zinc des toits. Tout à changé.

Changer de vie n’est pas nécessairement une sinécure et nous fait parfois passer par des moments de difficultés. Notre cerveau est ainsi fait que quand il a trouvé un équilibre satisfaisant, même s’il peut être partiellement toxique pour nous-même, il s’en satisfait et fait tout pour y rester. C’est ainsi que la cigarette, mauvaise pour nos poumons et notre portefeuille nous permet aussi de calmer un stress quelconque et – bénéfice risque – est adoptée comme étant plutôt bonne pour nous dans un certain contexte. De même la jalousie nous empêche de profiter pleinement de ce que nous avons mais nous permet aussi d’avoir une forme d’ambition ou de nous assurer que nous ne risquons pas de perdre quoi que ce soit, il en va de même de la plupart des comportements qui, un jour peut-être, nous créerons un problème. Et puis un beau matin, nos habitudes, nos valeurs, notre système de pensée arrivent au bout de leur propre équilibre, quelque chose fait que cela ne fonctionne plus : c’est la prise de conscience, le burn-out ou la résistance mais dans tous les cas, la phase de changement va s’ouvrir à nous, nous confrontant à nous-même.

Dans mon expérience, le changement n’existe pas vraiment, il est simplement et principalement un changement de regard. Parmi tout.es mes client.es, il n’en est aucun.e qui n’avait pas la solution à son problème avant de pousser ma porte, mon rôle n’a été que de porter un nouvel éclairage qui leurs permettent de voir cette solution et, parfois, de les aider à passer les obstacles qui se dressaient entre leur présent et leur futur désiré. Mais alors, si nous avons déjà la solution, pourquoi ne la voyons-nous pas et pourquoi ne la mettons-nous pas en œuvre ? Parce que nous nous protégeons ! De quoi ? Du stress de la perte : perte d’un objet important, perte d’une amitié, perte de l’amour, perte de la confiance, … perdre, c’est mourir un peu et la mort … ça fait peur (pour la plupart d’entre nous).

Le lâcher prise … de quoi ?

Lorsque j’étais en formation d’hypnose, on ne cessait de nous parler de « lâcher prise », à chaque fois, je ne pouvais m’empêcher de me demander ce que cela voulait dire, depuis, j’ai trouvé : rien ! « Lâcher prise » ne veut rien dire si l’on n’ajoute pas derrière de quelle prise il s’agit. Comment en effet lâcher quelque-chose dont on ignore l’existence ? Alors, qu’il s’agisse du contrôle (en précisant le contrôle de quoi), de l’envie d’atteindre un objectif, du refus de la perte, on ne peut le lâcher qu’en sachant de quoi il s’agit à moins de tout lâcher mais la plupart d’entre nous ne sont pas des Buddha, capables d’accepter de disparaître sans sourciller.

Bien souvent, le changement commence par un lâcher prise forcé, un licenciement, un burn-out, une maladie, une rupture ou au contraire une rencontre qui nous obligent, d’une manière ou d’une autre à changer. Le problème, c’est qu’avant cet événement, nous étions en équilibre, que là, nous passons en déséquilibre et que le déséquilibre … ça fait peur ! La tendance est alors forte de vouloir reprendre prise et nous insistons, nous refusons plutôt que de laisser courir et de passer à autre chose tranquillement (nous ne sommes décidément pas des Buddha) souvent parce que nous ne voyons pas ce qu’il faut lâcher.

Je n’ai pas échappé à cette tendance et me suis accroché, sans même – parfois – m’en apercevoir et j’ai déménagé, passant d’un métier que je connaissais et un avenir professionnel rassurant à une activité inconnue, d’un environnement parisien réglé doté d’une vie sociale stable depuis 30 ans à une vie isolée à la campagne sur un terrain beaucoup trop grand pour y avoir la moindre compétence, et enfin, d’une vision de la vie limitée à ce que la ville m’en donnait à celle de la nature, bien plus variée, riche mais aussi parfois, bien plus inquiétante. Il n’y a nulle gloire à en tirer, encore une fois, j’y étais « forcé ».

Quelles leçons ai-je tiré de ces expériences ? Comme le raconte la blague : ce n’est pas parce qu’on vous met dans la merde qu’on vous veut du mal et ça n’est pas non plus parce qu’on vous en sort qu’on vous veut du bien, la différence réside selon moi dans l’intention, le moteur qui nous fait bouger. En l’occurrence, la partie de moi (vous pouvez l’appeler « petite voix », « âme », « destin » ou « coup de pied au cul ») qui m’a mis dans la difficulté en me faisant changer de vie « savait » où elle allait et qu’en fin de compte, c’était ce dont j’avais besoin. Certes, les périodes de crises ont été dures et désagréables à passer, mais quel changement important ne génère pas quelque inconfort ?

Accepter d’être faible pour être fort.e

Deuxième leçon, voisine de la première : accepter d’être faible pour être fort.e : pensez à vos peurs, prenez l’une d’elles et imaginez que vous la regardez en face, maintenant, avancez vers elle … normalement, à ce stade, vous n’en menez pas large … continuez. Arrivera un moment où vous la traverserez et verrez ce qu’il y a derrière, la plupart du temps, ce sera l’une de vos plus belles qualités (cette vidéo publicitaire l’illustre très bien). Alors que vous avanciez vers votre peur, vous vous sentiez faible, comment vous sentez-vous maintenant que vous l’avez dépassée ? Si en revanche vous restez devant la peur, pensant la contrôler de loin, que faîtes-vous ? Certes, vous êtes à une distance qui vous semble raisonnable, certes, vous avez l’impression de ne rien avoir à craindre mais, simultanément, la peur est toujours là, elle s’habitue à votre présence et vous à elle, elle semble s’estomper exactement comme la grenouille que l’on met dans une casserole d’eau posée sur le gaz, la température monte lentement, elle s’y habitue progressivement, s’adapte, se calme et meurt cuite. En vous croyant fort.e, lentement vous vous êtes affaibli.e sans même vous en rendre compte et la peur est devenue une partie de vous.

Je suis comme tout le monde, j’ai des peurs, conscientes ou pas mais en changeant de vie j’en ai rencontré quelques-unes souvent bien inoffensives malgré des apparences effrayantes.
Cet article, qui devrait être suivi par d’autres, n’est pas, malgré sa possible apparence, juste une manière de vous raconter ma vie, c’est une suggestion, quasiment peut-être une induction, c’est une invitation au changement. Nous pouvons tous.tes changer, nous pouvons tous.tes aller vers un nous-même qui nous correspond mieux, qui est dans un équilibre plus harmonieux, il ne s’agit pas d’une « meilleure version de nous-même » très à la mode, mais simplement d’un nous qui nous ressemble vraiment, même si nous ne le connaissons pas encore.

« Souvent des gens prennent de l’élan et sautent au-dessus d’une barrière et se retrouvent de l’autre côté, mais ça n’est pas ça « casser les barrières » car dans la phrase il y a « casser » … « casser les barrières » peut faire mal, vous pourrez vous couper, vous pourrez même saigner, mais ça en vaut la peine, ça en vaut la peine ». Kamala Harris

# Déshypnotisons-nous

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Gérer ses émotions ???